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PASSEURS D'ARTS
Combien d'êtres ont ils été sauvés par l'Art sous toutes ses formes ? Impossible à dire... Ils sont si nombreux, les célèbres et tous les autres ; ils ont pu, à un moment difficile, retrouver cette force qui donne envie de rebondir, d'aller plus loin, simplement parce que la perception d'une oeuvre les avait transcendés. Les traits d'un tableau, les formes d'une sculpture, le geste d'une danseuse, les couleurs d'une symphonie ou un simple swing de Jazz peuvent être générateurs d'émotions incroyables.
Le don de voir, d'entendre, de ressentir sont des cadeaux de la vie. Ils ne sont pas commercialisables car ils sont hors de prix.
Pour cette simple raison, ceux qui reçoivent comme ceux qui offrent se reconnaissent par leur humilité, leur simplicité. Les "Passeurs d'Arts" sont des hommes et des femmes convaincus de la necessité absolue de développer la fibre artistique contenue en chacun. C'est en pratiquant, même avec maladresse, qu'il sera possible d'approcher, de ressentir. Des ateliers de peinture ou de claquettes aux orchestres d'harmonie, ceux qui se risquent à essayer deviennent les véritables amateurs d'Art et de Culture.
Passeurs d'Arts aurait pu s'appeler "Arts S.O.S." car il répond à un appel de détresse. Historiquement, l'interprétation faite pendant
l'enquête après la disparition du Titanic d'un message SOS par "Save Our Souls" (Sauvez nos âmes) correspond idéalement bien à notre conviction : l'Art sauve. Mais en fait, SOS est aussi
l'abréviation de "Système Orchestre Scolaire" (Le premier mot en hommage au "El Sistema" mis en place par le Docteur Jose-Antonio Abreu, qui a créé le modèle le plus abouti d'accès à la pratique
musicale en orchestre symphonique au Venezuela... "Orchestre Scolaire" en référence au concept mis en place dans quelques écoles et collèges de France depuis la fin des années 90).
"Passeurs d'Arts" est une bouée de sauvetage lancée vers ceux qui ont le moins accès à l'Art et qui, pourtant, sont ceux pour qui il serait le plus nécessaire. C'est aussi un cri vers ceux qui ont le savoir et doivent comprendre l'absolue nécessité de le partager. Galeries et salles de concerts doivent être combles de ces nouveaux amateurs d'oeuvres admirables. L'aventure des orchestres scolaires nous a démontré l'étendue des "possibles". Pas un seul être ne doit être privé d'Art ni de Culture.
Jean-Claude Decalonne