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ANGLETERRE- Une école autrefois en échec devient leader national de réussite en imposant l’apprentissage de la musique


Article original

Presse internationale THE GUARDIAN Royaume Uni

Traduction : Brune Lange, Passeurs d'Arts


« Nos mauvais résultats exigeaient des mesures particulières. Le moral des équipes était au plus bas, les parents se plaignaient de l’école. Nous avions des problèmes de budget et personne ne voulait étudier ici. Nous tournions en rond, sans solutions. »
C’est en ces mots que Naveed Idrees, un professeur de Feversham, s’adresse au Guardian. Il poursuit : 
« Nous aurions pu réagir en prétendant qu’il fallait rehausser la barre des résultats, faire plus d’anglais, de mathématiques, créer des cours de remise à niveau, mais nous avons choisi une autre voie.

Quand le moral des équipes est bas, le résultat visible est que les enfants détestent apprendre. Nous voulions que les enfants aiment apprendre. »
L’école a opté pour une autre solution :
ajouter six heures de musique à l’emploi du temps hebdomadaire de tous les élèves. Les résultats furent spectaculaires.

Aujourd'hui :


- L’école figure parmi les 10% des écoles nationales enregistrant les plus grands progrès en lecture, en écriture et en mathématiques. 
- 75% des enfants atteignent le niveau requis en lecture, en écriture et en mathématiques, pour une moyenne nationale de 53%. 
- Les élèves de Feversham dépassent la moyenne nationale de lecture de 7,1 points, et celle d’écriture de 3,4 points. 
- Les élèves de Feversham dépassent la moyenne nationale de mathématiques de 6,5 points. 
- Les résultats de l’école constituée d'élèves défavorisés dépassent largement la moyenne d'autres écoles.

 

Un secteur très défavorisé

Cette réussite est d’autant plus remarquable que cette école avait tout pour échouer. Localisée à Bradford Moore, zone urbaine pauvre de la ville anglaise de Bradford, dans le West Yorkshire. Au-delà des portes de l’école s’étend Bradford Moor, quartier démuni et très peuplé de la ville. 
Cette situation paraît d’autant plus impressionnante quand on connaît la diversité de l’école : 99% des 510 élèves utilisent une autre langue maternelle que l’anglais, la plupart étant d’origine indienne, pakistanaise ou bangladaise.

La moitié d’entre eux ne parle pas un mot d’anglais en arrivant à l’école. 
Les tensions sont aussi exacerbées par l'arrivée de réfugiés et une augmentation ldurable du nombre d’Européens de l’est.

Pas moins de trente langues sont parlées au sein de l’école. 


Dans une telle situation, de faibles performances semblent inévitables.

Pourtant, l’école a réussi à contrecarrer radicalement ces prédictions.
La méthode de l’école est fondée sur l’approche Kodály, qui encourage les enfants à apprendre, d’abord inconsciemment, à travers des jeux musicaux.

À travers le rythme, la gestuelle et le mouvement des mains, par exemple, les enfants acquièrent des compétences qui les aideront en lecture, en écriture et en mathématiques. 


Un absentéisme extrêmement faible


La musique est une source de joie intense et elle élève l’esprit. Il est donc peu surprenant que l’école enregistre le taux d’assiduité impressionnant de 98% – sans doute un record en la matière. 
Dans l'école, la musique fait partie intégrante de la journée scolaire de chaque enfant.

Le strict minimum, c'est une leçon de musique de 30 minutes, puis un suivi complémentaire de 30 minutes, et enfin une assemblée musicale d’une heure, avec un musicien invité et du chant en groupe. Le chant est incorporé aux autres classes, et les élèves chantent souvent à propos de tableaux de conjugaison, ou d’histoire. 

Un plaidoyer en faveur des arts créatifs


À force de supprimer l’art et la musique des programmes scolaires pour favoriser les dénommées matières fondamentales [NB : « STEM subjects » au Royaume-Uni],

la créativité est en passe de devenir une espèce menacée. Pourtant, les résultats des élèves de Feversham fournissent une preuve flagrante de la valeur de l’enseignement artistique à l’école, non seulement pour les progrès académiques, mais aussi pour le développement émotionnel.
La musique nous met en lien avec nos émotions, ces mêmes émotions qui tendent à s’enfouir dans des circonstances difficiles. Jusqu’à preuve du contraire, les cours de musique sont le point d’orgue de la journée de plus d’un écolier. Le seul moment où ils libèrent leurs tensions intérieures.
Dans le débat autour des tests SAT et des tableaux de classement, comme le dit Idrees au Guardian, le grand oublié est l’importance du développement mental et social de l’enfant. 

 

Éviter des drames, créer du lien


À propos du grand malaise de certains ados, dont certains cas peuvent conduire à des drames, Idrees dit : « Parmi ces élèves silencieux, nombreux ne savent pas gérer leurs émotions.

La pratique du jeu de rôle (la vie dans l'orchestre) peut aider les enfants à apprendre des qualités sociales, comme le fait de regarder l’autre dans les yeux ou d’attendre son tour.

De la même manière, écouter de la musique pendant une heure permet de développer

la concentration à un âge dominé par l'utilisation des smartphones et autres tablettes numériques. 

Orchestres Passeurs d'Arts...

Faire de l'école le plus bel endroit de la terre !

Qu'attend-on pour entendre les "Passeurs d'Arts" ?

Des études sur les avantages des pratiques artistiques sur l'éveil, le comportement, l'épanouissement des enfants et des adolescents sont unanimes.

Combien de temps les institutions résisteront elles encore face à ces évidences ? Que veulent elles défendre ?

Un combat...

Les Passeurs d'Arts, disposent, eux aussi d'études qui vont dans ce sens et mènent un véritable combat pour faire reconnaître l'importance salvatrice d'une éducation musicale de qualité.

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